PRESS
Made in Italy Fund II
13.03.2026

Nouvel actionnaire pour Les Secrets de Loly: Kelly Massol reste aux manettes

Infatigable, Kelly Massol ! La femme d'affaires, fondatrice de la marque de soins capillaires Les Secrets de Loly et jurée de l'émission «Qui veut être mon associée?», vient de conclure une deuxième levée de fonds. Et de boucler un LBO. L'objectif? Accélérer à l'international. Le deal valorise son entreprise entre 160 et 180 millions d'euros, selon «Capital Finance». 

Kelly Massol a choisi, après un processus d'appel d'offres, de s'adosser au fonds d'investissement italien Quadrivio, lequel devient «légèrement majoritaire». A 42 ans, l'entrepreneuse reste, selon ses propres mots, «les mains dans la cambouis», et actionnaire «légèrement minoritaire»: «Rien ne change. Je suis toujours à la téte de la stratégie, de la formulation des produits, de la R&D. Pas un seul produit - nous en avons 28 - n'est sorti sur le marché sans ma validation» insiste-t-elle.

Une entreprise rentable 

Les secrets de Loly est aujourd'hui une belle PME de 49 personnes, dont le chiffre d'affaires, non communiqué par l'entreprise, tourne autour de 50 millions d'euros. Cette marque de produits pour cheveux texturés créée en 2009 réalise 20% de ses ventes à l'étranger mais n'entend pas s'arrêter là. «On est déjà en Belgique, on a fait une excellente entrée en Espagne chez Sephora. Maintenant, il faut cultiver les graines déjà plantées dans la zone ibérique et en semer d'autres. On a commencé en Tunisie, on va aussi au Maroc et dans les émirats.» L'Italie devrait également être une priorité. 

Pour l'heure, Kelly Massol mise sur la croissance organique et le développement de nouveaux produits. «Le marché du capillaire est loin d'être saturé», observe Philippe Franchet, managing partner chez Quadrivio. Pas question de donner à la marque une consonnance moins française. Au contraire. En outre, le but est d'atteindre rapidement les 100 millions de chiffre d'affaires. Les Secrets de Loly est rentable depuis ses débuts. En 2023, son résultat d'exploitation était supérieur à 5 millions d'euros. 

Le parcours de sa fondatrice impressionne. Elevée à Paris par une grand-mère professeure de mathématiques, celle qui fut un temps télé-conseillère à la Sécurité sociale démarre l'aventure en 2005 par un blog «Boucles et Coton» où elle prodigue des conseils à une communauté lassée, comme elle, des soins lissants et chimiques vendus dans le commerce. Et c'est dans sa cuisine qu'elle élabore, pour elle-même, ses premiers produits. «J'ai été autoentrepreneuse puis entrepreneuse et aujourd'hui cheffe d'entreprise, voire cheffe d'un groupe. J'ai 13 entreprises en tout, raconte-t-celle qui est aussi investisseuse. Ce sont des portes qui s'ouvrent les unes après les autres. Beaucoup de monde est capable de faire une levée de fonds mais un LBO, seules les entreprises rentables peuvent le faire.» Dans un LBO (Leverage Buy Out), l'entrepreneur s'endette pour remonter sa participation au capital. Et ce sont les dividendes générés par cette participation qui permettent le remboursement du prêt. Au-delà de la performance économique, la posture force aussi le respect. «Kelly est une entrepreneuse, intelligente, rapide, avec une formidable énergie et une vision précise et claire, poursuit, dithyrambique, Philippe Franchet. Elle s'est très tôt entourée de gens compétents, en construisant une vraie cohésion culturelle dans son entreprise et son board»

Course contre la montre

Loin de prendre le large, l'intéressée s'avoue impatiente de poursuivre le développement de l'entreprise. «Je suis loin d'en avoir fini avec cette histoire, ajoute Kelly Massol. Le marché [des produits capillaires pour cheveux texturés] va se consolider. Les grandes majors vont finir par y entrer avec des moyens colossaux. Il nous faut courir: C'est une course contre la montre». Elle n'en oublie par pour autant de se ressourcer. «Je veux du temps de qualité avec mes enfants et mes proches, être en condition idéale, comme un athlète, pour prendre les décisions, avoir des idées créatives.» Et «parce qu'on ne peut pas prendre de bonnes décisions sans un bon sommeil», elle s'est récemment offert un matelas connecté pour mieux rêver. 

Source